vendredi, 30 mai 2008

Episode 2 : t'sais que tu pourrais faire du cinéma toi ?

Dans la micro-société de mon cousin "Le Connard Trouduc' " y avait plein de force vive garçons.

Je te dirai pourquoi je l'appelle comme ça, mais un peu plus tard.

Plein de testostérone dans une bouate à chaussure de bureau, et moi...

Mais des types super gentils. Même qu'une fois, y en avait un qui avait piqué 50 roses blanches dans un cimetière pour me les offrir et après on s'est roulés des pelles. Quoi ? C'est l'intention qui compte ! Et oui, j'étais encore en couple avec le beau blond... Tu peux me jeter des cailloux, j'assume... Mais j'avais bu du whisky ce jour-là... Pour la première fois de ma laïfe...

Et donc, j'avais un aut' coullègue vachement sympa qui s'appelait Albert Miraculeux dit " 'Culé le Miraculé". Rapport au fait, que c'était un garçon qui venait des z'Îles là-bas où qu'il fait grave chaud. Et une fois, quand il était petit, il est tombé d'un toit. Mais comme les toits aux Antilles ils sont pas trop hauts et ben il s'en est sorti, mais il est resté tout petit. Mais en fait, ça allait.

Donc c'était mon "p'tit 'culé". Un peu bizarre, car il adorait se coller à la fenêtre pour chanter des chanson créoles dans la rue...

Et Le Miraculé, à part son activité de coursier chantant à plein temps (ouais c'était une société de courses, c'est pour ça qu'y avait plein de garçons qui sentaient le mazout et bien virils et tout). Et ben il faisait du cinéma !

Et même que j'étais super impressionnée, passque je l'avais vu dans le film "La Crise" de Coline Serreau.

Bon, il avait un rôle très interessant hein, un personnage très difficile à défendre : on le voyait très exactement 5 secondes, assis sur un banc, avec le regard dans le vague. T'avoueras que ça te pose un homme nan ?

Et 'Culé il se tapait plein de gonzesses, même s'il était grand comme un pin's. Et il me racontait tous les détails de sa vie sessouelle, avec des tas de trucs que je savais même pas que ça pouvait exister...

Mon blond c'était mon premier. J'étais toute innocente comme un p'tit veau, tu comprends... Et y avait pas encore Internet ! Donc, la Poutre de Bamako, pour moi c'était du domaine de l'abstrait, tu vois...

Et j'te rappelle qu'à cette époque-là, moi je venais de l'Oise, je connaissais rien à la vie, au Show-Bise, au Star-System, au Strass et aux paillettes (ah nan merdoum, moi les paillettes ça me connaît vu que je suis Africaine...).

Et un jour Albert m'a dit : mais viens donc passer des castings avec moi ! Tu sais, ils cherchent toujours plein de modèles. Mais d'abord faut qu'on prenne des tas de photos de toi.

Comme je me voyais déjà riche et célèbre et tout, on est venu au bureau un matin à 7h, et on a fait des tas de photos de moi-ma tronche. Après, j'ai fait des composites (là où tu dis comment tu veux qu'on t'appelle, ta taille, ton poids, ta pointure et tout).

Et j'ai tout envoyé aux bouates de production.

Comme pseudo, j'avais choisit : ALEXINE. Comme Alexine Barbin dans le film "Mystère Alexina". Un truc qui m'avait bouleversée dans le dedans de moi-même. C'était le dessinateur Vuillemin qui jouait le rôle de l'institutrice.

 

 

C'est un soir à 21h43 exactement, que le téléphone a sonné...

Le MAL se raprochait.

 

 

A Suivre...