mardi, 07 avril 2009

Vous cherchez un boulot ? Mais c'est la Crise ! Z'êtes folle ma pauvre fille !

Aujourd'hui : coup de gueule ! Ouais mes gueux, y en a ras-le-bol qu'on nous sorte l'esscuse de la Crise à toutes les sauces.

Ca fait un bon moment que je passe mes journées à envoyer une cinquantaine de cévés par jour. Et... Ya rien... Chuis au bord de la dépressitude tu sais.

Est-ce qu'ya quelqu'un dans la salle qui peut m'esspliquer comment on peut oser me proposer un salaire de débutant, alors que j'ai plus de 12 ans d'expérience derrière moi ? J'te jure que je me suis jamais sentie aussi inutile de toute ma laïfe...

 

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A chaque fois t'as la même réponse : rhaaa ben oui, mais c'est la Crise vous savez !

Ouais ? Et ?

Si on baisse les salaires, est-ce que tu crois que c'est passqu'on va aussi baisser le prix des Croustibats ?

Et ma wature ? J'mets quoi dedans pour la faire rouler ? Du jus de gloss ? Nan mais t'as vu le prix des gloss ? Un scandale vous dis-je !

Et désolée, mais nan, j'peux pas acheter un sac à main chez Pimkie, ça risque de me filer des bubons...

 

Alors souvent, j'ai un recruteur au téléphone et il me dit : rhoooo votre cévé est esseptionnel, mais jamais vous ne pourrez retrouver le salaire que vous aviez avant hein ! Vous savez que vous étiez très très bien payée ?

Moi : et alors ? J'l'ai volé mon salaire peut-être ? Tu crois qu'on me donne des sous pour jouer à Open Alchimist ? Et pourquoi que je retrouverai pas la même chose ?

Le recruteur : rhaaaa, mais vous voulez travailler dans le luxe !

Moi : mais nan ! Pas forcément ! C'est pas passque j'ai été esclave des bijoux et esclave de la mode pendant 8 ans que je veux nécessairement rester dans ce domaine. Chuis pas sectaire tu sais... Même travailler dans les tubulures ça m'irait !

NDLR : j'ai auparavant bossé dans les Telecom avec des gars de chantiers pas glamours du tout, et ça a été l'une des meilleures expériences de ma vie.

Les seuls domaines où je voudrais pas travailler : les pompes funèbres (moi, les gens pas vivants ça me parle pas), et les syndicats où c'est que ça braille tout le temps.

Et avant, j'étais assistante personnelle d'un milliardaire dans la restauration et l'hôtellerie. Alors tu vois, passer du coq à l'âne ça je sais faire, et je m'adapte partout du moment qu'on me laisse faire mes blagues vaseuses me maquiller comme j'veux.

Tiens d'ailleurs, en parlant de maquillage. Les gens y me disent : mais t'as fait une formation à l'Ecole du Gloss, tu veux pas devenir maquilleuse pro ?

Moi : mais nan ! Chuis trop égoïste. J'aime maquiller que ma tronche ! J'ai horreur de tripoter des personnes que je connais pas ou qui sont pas mes coupines. Donner des conseils j'veux bien, mais toucher à des gens inconnus, c'est juste pas possib' !

 

Bon alors qu'est-ce que j'vais faire mes enfants ?

Investir dans une franchise Starbucks ? (y en a pas dans le 16è des pauvres).

Ouvrir un chenil pour les coupains de Maya ?

Vendre mon appart', et aller m'installer chez le Cousin Mimine pour devenir crêpière en bord de mer ?

Acheter un encart dans "Libération", pour dire que je suis une assistante de direction esseptionnelle (et un peu "originale") ?

M'exiler dans un pays où c'est qu'ya le plein-emploi ?

 

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J'te jure que ça va pas dutou dutou hein.

 

Tiens, et ya un aut' truc qui me fait marrer dans les cabinets de recrutement : on te fait passer des tests...

Et ça dure 1h30 à chaque fois cette plaisanterie (dans un tout p'tit bureau et sur un vieil ordi) ! Nan mais ils croient quoi ?

Depuis 10 ans, on sait toujours pas taper sur un pécé ?

Par miracle, on a bossé dans un environnement international et sans savoir parler un seul mot de langue forestière ?

Je rêve, je rêve...

 

Être assistante ça veut dire être pro-active. Faire des trucs hier pour le lendemain, trouver des solutions à tout. Et ça, et ben ça s'improvise pas, ça s'acquiert au fil des expériences ('tain qu'est-ce que je cause bien quand je m'y mets). C'est s'adapter aux interlocuteurs toussa... C'est apprendre à se faire respecter, mais aussi faire en sorte d'être toujours la personne disponible et sur laquelle on peut compter ! Et le tout sans regarder ses horaires ! Rhhhaaaaaa !

Pis de toutes façons, je sais rien faire d'autre (à part me glosser et écrire ce blog).

 

Je pourrais aisément profiter du sytème et du chômage, mais j'veux plus rester chez moi à faire la couch potatoe.

J'en ai marre de me réveiller à 10h, de regarder "Derrick" l'après-midi (ça me fait roupiller) et "Confessions Intimes" le soir... J'te jure que je connais les programmes télé par coeur. J'ai découvert des épisodes de "La Petite Maison dans la Prairie" que j'avais jamais vu avant ! Honte... Heureusement qu'ya plus le "Divan d'Henri Chapier" car je serais bien capable de rester scotchée devant...

 

J'veux juste me lever le matin pour aller travailler dans un bureau avec des vrais gens...

 

Même pousser des wagons à la mine !!! (mais pas trop loin, à cause du métrokipu... Paris intra-muros ou le 92 ça me va très bien).

 

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Le travail ne me fait pas peur, chuis pas une feignasse tu sais...

 

 

 

 

vendredi, 30 mai 2008

Episode 2 : t'sais que tu pourrais faire du cinéma toi ?

Dans la micro-société de mon cousin "Le Connard Trouduc' " y avait plein de force vive garçons.

Je te dirai pourquoi je l'appelle comme ça, mais un peu plus tard.

Plein de testostérone dans une bouate à chaussure de bureau, et moi...

Mais des types super gentils. Même qu'une fois, y en avait un qui avait piqué 50 roses blanches dans un cimetière pour me les offrir et après on s'est roulés des pelles. Quoi ? C'est l'intention qui compte ! Et oui, j'étais encore en couple avec le beau blond... Tu peux me jeter des cailloux, j'assume... Mais j'avais bu du whisky ce jour-là... Pour la première fois de ma laïfe...

Et donc, j'avais un aut' coullègue vachement sympa qui s'appelait Albert Miraculeux dit " 'Culé le Miraculé". Rapport au fait, que c'était un garçon qui venait des z'Îles là-bas où qu'il fait grave chaud. Et une fois, quand il était petit, il est tombé d'un toit. Mais comme les toits aux Antilles ils sont pas trop hauts et ben il s'en est sorti, mais il est resté tout petit. Mais en fait, ça allait.

Donc c'était mon "p'tit 'culé". Un peu bizarre, car il adorait se coller à la fenêtre pour chanter des chanson créoles dans la rue...

Et Le Miraculé, à part son activité de coursier chantant à plein temps (ouais c'était une société de courses, c'est pour ça qu'y avait plein de garçons qui sentaient le mazout et bien virils et tout). Et ben il faisait du cinéma !

Et même que j'étais super impressionnée, passque je l'avais vu dans le film "La Crise" de Coline Serreau.

Bon, il avait un rôle très interessant hein, un personnage très difficile à défendre : on le voyait très exactement 5 secondes, assis sur un banc, avec le regard dans le vague. T'avoueras que ça te pose un homme nan ?

Et 'Culé il se tapait plein de gonzesses, même s'il était grand comme un pin's. Et il me racontait tous les détails de sa vie sessouelle, avec des tas de trucs que je savais même pas que ça pouvait exister...

Mon blond c'était mon premier. J'étais toute innocente comme un p'tit veau, tu comprends... Et y avait pas encore Internet ! Donc, la Poutre de Bamako, pour moi c'était du domaine de l'abstrait, tu vois...

Et j'te rappelle qu'à cette époque-là, moi je venais de l'Oise, je connaissais rien à la vie, au Show-Bise, au Star-System, au Strass et aux paillettes (ah nan merdoum, moi les paillettes ça me connaît vu que je suis Africaine...).

Et un jour Albert m'a dit : mais viens donc passer des castings avec moi ! Tu sais, ils cherchent toujours plein de modèles. Mais d'abord faut qu'on prenne des tas de photos de toi.

Comme je me voyais déjà riche et célèbre et tout, on est venu au bureau un matin à 7h, et on a fait des tas de photos de moi-ma tronche. Après, j'ai fait des composites (là où tu dis comment tu veux qu'on t'appelle, ta taille, ton poids, ta pointure et tout).

Et j'ai tout envoyé aux bouates de production.

Comme pseudo, j'avais choisit : ALEXINE. Comme Alexine Barbin dans le film "Mystère Alexina". Un truc qui m'avait bouleversée dans le dedans de moi-même. C'était le dessinateur Vuillemin qui jouait le rôle de l'institutrice.

 

 

C'est un soir à 21h43 exactement, que le téléphone a sonné...

Le MAL se raprochait.

 

 

A Suivre...