mercredi, 01 juillet 2009

Comment survivre à un chef tyrannique et despotique ?

Bon, v'la que je te colle la suite du billet d'hier. Content hein ?

 

Dans la société très chic, qui vendait des choses très chères, 2 fois par an on organisait des opérations de destockage. Ca veut dire qu'on ouvrait les portes à du public trié sur le volet pour écouler les invendus ou les anciens modèles.

Et dans ce cas-là, les prix ils sont super interessants.

Nous, en tant que membres du personnel, on avait le droit de faire not' marché avant l'ouverture officielle de la vente. A cet effet, on nous envoyait quelques jours avant, la liste de tout ce qui allait être vendu, histoire qu'on fasse quelques repérages.

Et v'la que "Despote Premier" commence à se prendre la tête sur le problème suivant : dois-je oui ou non acheter cet article pour l'anniversaire de ma femme ?

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NDLR : l'article en question était à un prix très interessant, mais tout de même moyennant un certain budget.

 

Moi je regarde la liste, et comme d'hab' j'en cause à mes taties et à mes cousines.

Faut que tu saches une chose : chez nous les Africains, la famille elle est têêêêllement grande qu'on connaît pas tout le monde... On a une ramification de tatas, de cousins, de tontons, de cousines par alliance, etc... Que ça en devient impossible à comptabiliser.

Bref.

 

Le jour de la vente, je tombe sur "Despote Premier" en train de toujours se masturber le cerveau sur : vais-je ou non acheter ce truc pour Bobonne Première ?

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Le problème c'est que je voulais le même que lui.

Et y en avait plus qu'un seul.

Là il devient tout rouge et il me dit : bon ben on fait comment alors ?

Moi : ben c'est pas grave, prenez-le. Moi je vais prendre le modèle similaire (avec juste un détail qui changeait).

Lui : mais... Le votre est plus cher de 100€ !

Moi : ouais ben c'est pas grave, c'est pour ma cousine et je sais qu'elle le voudra quand même. Même avec 100€ de différence, c'est pas la peine que je lui demande, je la connaît, elle dira oui...

 

Je termine donc mes courses, et fatalement v'là que j'me retrouve en caisse du personnel avec quelques milliers d'euros à régler. Ce qui en somme n'est pas beaucoup car finalement, en nombre de produits ça faisait pas tant que ça. 

 

Et là : le drame interplanétaire.

 

"Despote Premier" m'attend à la sortie, et me sort un truc qu'il aurait jamais du me dire : vous saaaaavez Sonia, vous achetez beaucoup trop ! S'il s'avère que c'est pour faire de la revente sur un marché parallèle, ça peut être trèèèèès graaaaave ! (ouais, il parlait toujours comme s'il machouillait des patates...).

 

J'l'ai regardé avec des yeux comme des soucoupes.

 

J'ai posé mes paquets.

 

Et j'ai explosé.

 

Tout est sorti d'un coup, en rafale, que même plus on pouvait m'arrêter.

Les portes n'étaient pas encore ouvertes aux invités extérieurs à la vente, donc j'ai hurlé devant la totalité de la société.

 

Moi : PAAAAARDON ??? Vous avez dit quoi là ? Revente ? Trafic parallèle ? Non mais vous m'avez prise pour qui ???

Lui : ben oui, vous avez énormément acheté...

Moi : il n'y a pas de quota que je sache ! Il s'agit d'un destockage !!! Et de toutes façons, pour moi, je n'ai pris qu'un seul truc. Le reste c'est pour ma famille ! Ah ouais, vous la connaissez bien ma famille... Surtout quand on me demande si mon cousin peut venir faire un p'tit tour chez nous pour arrondir le chiffre d'affaire du mois !

Lui : euh...

Moi : vous connaissez la culture des femmes orientales ?

Lui : ben euh... Non voyons...

Moi : m'étonne pas ! Et bien voyez-vous, cher "Despote Premier", chez nous, les produits vendus ici sont comme des sacs à main ou des chaussures, on aime beaucoup ça et en grande quantité. On en change tout les jours en fonction de nos humeurs ! Vous comprenâtes ? Nan mais esscusez-moi d'avoir une famille qui a des sous bordel !

 

 

Sur ce, comme visiblement je faisais beaucoup de bruit, ya tout le monde qu'est venu voir de quoi il retournait.

 

Le directeur de l'informatique m'a prise par la main.

J'y ai dit : lâche-moi toi ! J'ai pas terminé !

 

La DRH est arrivée en courant et m'a prise par l'épaule.

J'y ai dit : ah ben vous tombez bien vous ! Notez greffier : ce jour, je dépose plainte contre "Despote Premier" pour discrimination raciale et harcèlement moral !

 

Après, je me suis retournée vers lui et j'ai hullulé : vous savez ce que vous êtes ? Un Facho ! Un Facho, un Facho, un Fachooooo !!!

 

Sur ces bonnes paroles, on m'a mise dans un taxi payé par la boîte et l'on m'a conseillée de rentrer me reposer chez moi.

Mais auparavant, chuis allé poser une main courante.

 

 

A SUIVRE...